Les critères RSE dans les achats événementiels – CARREFOUR DES EXPERTS TRAVEL & MICE GBTA

Par la rédaction 0 commentaires - 30/11/18

Retour sur les interventions de Green Evénements, Sabooj et de la Société Générale.

Interrogée par Mélanie Thiriet, Acheteuse Marketing, Communication, Voyages & Media du groupe Covea et animatrice de cette table-ronde, Delphine Leconte, Responsable Achats responsables de la Société Générale rappelle que « la loi européenne impose aux grands groupes de publier un rapport extra financier et de démontrer leurs engagements en faveur de la RSE, notamment sur le respect des Droits de l’Homme. De la même manière, la loi sur le devoir de vigilance vise à lutter contre toute forme d’esclavage moderne et la loi Sapin 2 (sur la transparence, la lutte contre la corruption et la modernisation de la vie économique) exige de connaître et maîtriser ses risques environnementaux et sociaux. »

Les problématiques de développement durable (impact environnemental, gestion des déchets, progrès social …) deviennent incontournables dans le secteur événementiel. Béatrice Eastham, fondatrice de Green Evénements, cabinet conseil en développement durable pour le secteur événementiel et tourisme d’affaires, précise que « les professionnels de l’événementiel sont soumis à un certain nombre d’obligations réglementaires, notamment le tri à la source des 5 flux de déchets produits (papier, carton, plastique, bois, métal et verre) et la loi Garrot en faveur de la lutte contre le gaspillage alimentaire (actions à mettre en place pour récupérer et valoriser les denrées alimentaires et pour éviter leur gaspillage, de la prévention, au don à des associations en passant par la transformation par compostage ou méthanisation). »

Un moyen de répondre à ces enjeux et d’anticiper les contraintes réglementaires est de « s’engager dans une démarche de normalisation volontaire à l’image des professionnels de l’événementiel qui s’engagent vers l’obtention de la norme ISO 20121. C'est une norme internationale, non pas de niveau, mais de moyens . Elle vise à instaurer un cadre dans l'entreprise pour intégrer le développement durable dans son organisation, en mode projet, et s’inscrire dans une démarche d’amélioration continue. »

Mais comme le rappelle Delphine Leconte « la RSE n’est pas que contraintes et risques. Elle est surtout une fabuleuse opportunité de créer de la valeur ! » Alors comment la Société Générale s'y prend-elle ?

  • Par l’augmentation du volume d’achats auprès des TPE/PME
  • Par l’atteinte de 10 millions d’euros de dépenses auprès des entreprises de l’ESS
  • Par la recherche de solutions pour réduire l'impact environnemental

 

Pour y parvenir, la Société Générale a mis en place le Positive Sourcing Program et un processus d’achats responsables reposant sur les étapes suivantes :

  • Critères RSE dans les consultations
  • Intégration de « fiches outils » et envoi d’une charte achats responsables dans les appels d’offres
  • Analyse KYS incluant la recherche de controverses environnementales et sociales
  • Evaluation des réponses sur les sujets de RSE dès réception des offres (pondération de la RSE dans la grille de sélection)
  • Intégration de la clause RSE dans les contrats

 

Pour la Société Générale, les achats de prestations événementielles sont une catégorie à risque fort. En cas de doute sur un prestataire, la Société Générale peut être amenée à réaliser des audits et à accompagner, si besoin, le prestataire dans la mise en place d’un plan d’actions correctives afin de l’inscrire dans une démarche de progrès. Il y a quelques mois, la direction des achats a d’ailleurs organisé un speed meeting entre ses traiteurs référencés et les entreprises du secteur adapté. Un bon moyen de répondre à la réglementation sur l’emploi des personnes en situation de handicap.

En effet, tout employeur occupant au moins 20 salariés est tenu d'employer à plein temps ou à temps partiel des travailleurs handicapés dans une proportion de 6 % de l'effectif total de l'entreprise. Les établissements ne remplissant pas (ou en partie) cette obligation doivent s'acquitter d'une contribution au fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph).

Comme l'indique Marie Hélène Delaux, fondatrice et dirigeante de l’agence Sabooj : « Une alternative est le recours au STPA (Secteur du Travail Protégé et Adapté).» Comment l’inclure dans ses actions de communication ? « En faisant appel à des EA, des ESAT ou encore des TIH (Travailleurs Indépendants Handicapés) pour des prestations d’impression, confection de goodies, prestations techniques audiovisuelles … En France, 4 agences entreprises adaptées assurent ces prestations. En plus de Sabooj, vous pouvez faire appel à Byron Bay, Inspirience ou encore Papillons de Jour. »

Pour Béatrice Eastham : « Les choses bougent. Des solutions existent ! Le développement durable appliqué à l’événementiel n’est pas qu’une démarche liée à l’impact environnemental. C’est aussi l’impact qu’on a sur la société et le sens qu’on donne à chaque événement. Les événements sont un rempart à la déshumanisation des relations. Les événements deviennent plus inclusifs, solidaires, accessibles. ». Et de conclure : « Nous vous donnons RDV le 15 février 2019 aux Salons de l’Aveyron, Paris 12ème , pour participer au OUAI, la journée annuelle de l’événementiel responsable ! Une journée pour réinventer les pratiques du secteur événementiel, continuer à créer toujours plus de valeur positive pour nos publics, nos territoires et nos entreprises ! ».

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